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Lettre ouverte et Appel des 138

Lettre Ouverte aux guides des Eglises chrétiennes

(et réponse du pape)

A l'occasion du Eid al-Fitr  1428 A.H. / October 13th 2007 C.E., et à l'occasion du Premier Anniversaire de la Lettre Ouverte de 38 Savants Musulmans à S.S. le Pape Benoît XVI, 138 dignitaires musulmans viennent d'adresser une lettre ouverte au pape, aux patriarches et à tous les guides des Eglises chrétiennes.On peut en consulter le texte français à : http://www.acommonword.com/lib/downloads/CW-Total-Final-French.pdf ou, dans les pages de ce site, avec l'évaluation qu'en font les professeurs du PISAI de Rome. De nombreuses réponses en provenance du monde chrétien ou juif sont aussi affichées sur ce site. Elles témoignent de l'intérêt porté à ce document. Le texte veut être une invitation à "une parole commune entre vous et nous". De fait, dénué de tout esprit polémique, il rappelle les enseignements de la Bible et du Coran sur les points suivants:

Dieu est unique...

Dieu nous appelle à l'aimer de tout notre cœur...

Dieu nous appelle à aimer notre prochain

On remarquera qu'au lieu de glisser dans des controverses sur la nature divine, les signataires s'établissent au niveau de l'interpellation sur les attitudes spirituelles. Ainsi, la première partie ne débouche pas sur les critiques habituelles concernant la Trinité, mais le mot "unique" sert de tremplin pour poser la question: Dieu est unique... mais est-il vraiment l'unique but de nos vies ?

Même si la phrase d'introduction  rappelle les remous causés par le discours du pape à Ratisbonne, le présent document ne revient pas sur ces débats. Il faut, cependant, noter que le choc produit par ce discours du pape avait conduit 38 dignitaires religieux musulmans à se concerter pour trouver une parole commune. Cette dynamique est encore à l'œuvre aujourd'hui puisqu'elle conduit 138 de ces dignitaires à se faire entendre d'une même voix.Il se peut qu'une nouvelle ère de dialogue s'ouvre ainsi et que l'avenir nous montrera une nouvelle capacité de ces dignitaires musulmans à s'organiser pour parler ensemble à leurs partenaires non-musulmans.

J.M. Gaudeul

Le pape répond

On trouvera le texte de la réponse de la Secrétairerie d'Etat sur le site du GRIC à http://www.gric.asso.fr/spip.php?article151  

 

Il explique encore son appréciation dans un discours à la curie romaine sur l'évangélisation:

ROME, Vendredi 21 décembre 2007 (ZENIT.org) - Le dialogue interreligieux n'exclut pas l'évangélisation, souligne Benoît XVI en évoquant la lettre de « 138 sages » de l'Islam et sa réponse : un des événements marquants de cette année, analysé dans son discours à la curie romaine de ce jour:

Le disciples du Christ, expliquait le pape en citant le document d'Aparecida « doit aussi être ‘missionnaire', messager de l'Evangile ».

Et de demander : « Est-ce licite aujourd'hui, d'évangéliser ? Est-ce que toutes les religions et les conceptions du monde ne devraient pas vivre pacifiquement et chercher à faire ensemble le meilleur pour l'humanité, chacune à sa façon ? »

« Il est indiscutable, répondait le pape, que nous devons tous cohabiter et coopérer dans la tolérance et dans le respect réciproque. L'Eglise catholique s'engage à cela avec une grande énergie et, par les deux rencontres d'Assise, elle a aussi laissé des indications évidentes dans ce sens, indications qui, dans la rencontre de Naples de cette année, nous avons à nouveau reprises ».

Pour la promotion de la paix

A ce propos, le pape mentionnait aussi la lettre que lui ont « aimablement envoyée » les 138 sages de l'Islam « pour témoigner de leur engagement commun pour la promotion de la paix dans le monde ».

Benoît XVI évoquait sa réponse et son appel au respect réciproque : « Je leur ai répondu avec joie, en leur exprimant mon adhésion convaincue à des nobles propos, et en soulignant en même temps l'urgence de l'engagement pour la protection des valeurs du respect réciproque, du dialogue et de la collaboration. La reconnaissance partagée de l'existence d'un Dieu unique, Créateur et providence, Juge universel du comportement de chacun, constitue la prémisse d'une action commune en faveur de la défense du respect effectif de la dignité de chaque personne humaine pour l'édification d'une société plus juste et plus solidaire ».

Pourtant, le pape ne voit pas de contradiction entre ce dialogue et l'annonce « du message de Jésus » et « l'appel à l'espérance qui en découle ».

« Qui a reconnu une grande vérité, qui a trouvé une grande joie, doit la transmettre et ne peut pas la garder pour lui-même », disait Benoît XVI : « des dons aussi grands ne sont jamais pour une seule personne ».

L'accomplissement de l'histoire

Benoît XVI commentait un passage de saint Matthieu en disant : « En Jésus Christ, s'est levée pour nous une grand lumière, la grande lumière : nous ne pouvons pas la mettre sous le boisseau, nous devons la mettre sur le lampadaire, pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison (cf. Mt 5,15) ».

L'histoire, pour s'accomplir, disait en substance le pape, « a besoin de l'annonce de la Bonne nouvelle à tous les peuples, à tous les hommes » (cf. Marc 13,10).

« Par la rencontre du Christ et avec ses saints, expliquait Benoît VI, par la rencontre avec Dieu, le bilan de l'humanité est fourni de ces forces du bien sans lesquelles tous nos programmes d'ordre social en deviennent pas réalité, mais, - face à la puissante pression des autres intérêts contraires à la paix et à la justice - ne demeurent que d'abstraites théories ».

Anita S. Bourdin