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FICHE XX

DE QUOI PARLERONS-NOUS ?

A l'occasion de la parution du documents des évêques de France sur la rencontre entre catholiques et musulmans, une série de 20 fiches pastorales ont été publiées, en avril 1999, pour aider les catholiques de France à mieux prendre en compte les orientations indiquées par les évêques à travers la diversité des situations où s'effectue cette rencontre. On ne donne ici que la dernière de ces fiches qui peuvent se commander à l'adresse suivante: Catholiques et Musulmans Fiches Pastorales (Documents Episcopat, N°6-7, 106 rue du Bac, 75341 Paris Cedex 07)

1. Un constat

Depuis quatorze siècles, chrétiens et musulmans s'affrontent au niveau des dogmes: les deux religions s'opposent à propos de la Trinité, de la divinité du Christ, sur la conception du salut, l'inspiration de la Bible ou du Coran, etc.
A moins d'être menées par des théologiens particulièrement avertis les discussions concernant les dogmes tournent rapidement à la dispute et finissent dans l'aigreur. Et pourtant, plus que par le passé, chrétiens et musulmans se rencontrent et désirent se communiquer un peu de la foi qui les fait vivre.
Dans les mouvements de jeunes, dans les aumôneries, en catéchèse ou même dans des écoles catholiques, de jeunes musulmans vivent en situation de dialogue particulièrement délicat avec des éducateurs chrétiens: ceux-ci hésitent souvent entre une attitude de silence sur les questions religieuses et une formation religieuse chrétienne classique que ces jeunes ne demandent pas.

2. Des questions

3. Des convictions

L'Histoire des relations islamo-chrétiennes prouve la possibilité d'échanges fructueux. On pense particulièrement à Elie de Nisibe (975-1046), à Thomas d'Aquin (dans les trois premiers tomes de la Somme contre les Gentils). A une époque récente, en particulier, plusieurs solutions ont été trouvées permettant, par exemple, à des éducateurs chrétiens de former leurs élèves musulmans à une authentique vie de foi sans détruire leurs convictions musulmanes. Ce sont ces réussites qui inspirent les conseils qui suivent.

4. Des orientations

En général, éviter de discuter au niveau des dogmes, et particulièrement, des dogmes litigieux. Ce genre de discussion demande une préparation particulièrement soignée.
Eviter de discuter au sens propre du mot: la foi n'est pas le fruit d'une discussion bien menée ni d'une argumentation convainquante. Il s'agit plutôt de témoigner de ce qui fait sens, de ce qui est important dans notre vie de foi. Le témoignage ne parle pas de la Vérité en soi, mais de ce que je perçois de la Vérité.
Retrouver le style d'échange que privilégiait Jésus dans sa vie publique: soit dans ses rencontres, soit dans ses discours, il se place au niveau de l'authenticité du rapport de chacun à son Dieu, au niveau des enjeux du Royaume de Dieu en chaque personne humaine.
Quels sont les thèmes que l'on peut aborder dans ce genre d'échange ? On peut illustrer ce genre de témoignage avec des citations de Psaumes, des paraboles de Jésus, des paroles tirées de ses discours. Jésus, lui-même, devient Quelqu'un dont on peut parler, non pas comme un sujet de thèse théologique, mais comme un ami et un maître qui guide nos décisions, qui inspire nos choix, qui motive nos préférences. Il n'y a pas blocage sur la personnalité de Jésus mais sur le dogme de sa divinité. En fait, la divinité de Jésus n'a été perçue par les disciples que dans le contexte d'une amitié qui se creuse au fil des années au point d'entrevoir un mystère qui nous dépasse.
Rien n'empêche le chrétien d'accueillir avec respect le témoignage du musulman sur Mohammed. Au contraire, le chrétien "se réjouit de ce qui est bon" (1 Co, 13). Son rôle n'est ni de canoniser Mohammed ni de le dénigrer: il se contente de louer la victoire de la grâce divine dans la vie de tout être humain quel qu'il soit.

5. Pour aller plus loin