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N° 08/05 - Mai 2008

 

L’islam de France par les sondages

J.M. Gaudeul

Les pages qui suivent font usage de plusieurs sondages effectués, à différentes dates, par différents organismes spécialisés. C’est dire qu’il ne faudrait pas tenter d’harmoniser leurs résultats comme s’il s’agissait d’une étude méthodique unique. C’est une même réalité qui est vue sous des angles différents et toujours limités. Chacune de ces études est utile, aucune ne suffit à rendre compte de l’ensemble. L’espace d’un numéro étant limité à une quinzaine de pages, on se limite à donner l’essentiel de chaque approche (et peut-être même pas cela). En d’autres termes, il n’est pas superflu de tenter la lecture complète des documents cités ici, en particulier :
- Les s
ondages IFOP réalisés pour Le Monde (30/11/89 ; 13/10/94 Supplément, XII pp. et 03/10/01) et le sondage IFOP réalisé pour La Croix (Janvier 2008)     
-
The Great Divide: How Westerners and Muslims View Each Other, sondage réalisé en 2006 par le Pew Global Attitudes Project (http://pewglobal.org/reports/display.php?ReportID=253)
- Rapport Au Politique Des Français Issus De L’immigration - rapport final, étude de Sylvain Brouard & Vincent Tiberj (CEVIPOF – Centre de Recherche politiques de Sciences Po), 2005.  
- Les tensions autour de l’immigration dans l’opinion : crispation et polarisation, étude de Sylvain Brouard & Vincent Tiberj (CEVIPOF – Centre de Recherche politiques de Sciences Po), 2006.
    

Pourquoi des sondages ?

Il est facile de formuler des jugements à l’emporte-pièce sur des personnes ou des situations. Il est plus difficile de justifier ces jugements ou d’en montrer le bien-fondé. La réalité est toujours plus compliquée que nous ne l’imaginons. Les chiffres aussi sont une façon de simplifier un donné complexe. Notre époque est friande de statistiques et d’évaluations chiffrées qui permettent de confirmer (ou d’infirmer) nos intuitions. La présence de musulmans en France suscite toujours une interrogation : « mais combien sont-ils ? » Nombreux ? pas nombreux ? trop nombreux ? pas assez nombreux ? Chacun juge en fonction de ses désirs ou de ses peurs. Même connus les chiffres seraient encore à interpréter dans la durée : en augmentation ?  en diminution ? Et les chrétiens, combien ?

La vérité, c’est que la législation française ne nous permet pas d’établir des recensements où les personnes seraient étiquetées en fonction de leurs opinions politiques ou de leurs convictions religieuses. La loi ne connaît que des citoyens ! Il y va de notre liberté.

Les chercheurs ont donc trouvé un moyen qui vaut ce qu’il vaut : les sondages. Choisir un échantillon de la population (comment ? c’est crucial pour évaluer les résultats) et supposer que l’ensemble de la population correspond à l’échantillon.

En présentant ici le résultat d’un certain nombre de ces sondages, nous devons donc garder à l’esprit que leur valeur n’est jamais totalement garantie. En choisissant telle sorte d’échantillon, en posant telle ou telle question, les chercheurs n’ont-ils pas gauchi les résultats d’une façon ou d’une autre ?  Pour chaque étude utilisée ici, les enquêteurs indiquent comment ils ont sélectionné leurs interlocuteurs, et comment ils ont évalué les résultats. Il n’en demeure pas moins que nous devons nous rappeler qu’il ne s’agit que de sondages et nous garder de leur donner une valeur absolue à laquelle ils n’ont jamais prétendu.  Ce sont des indications, des approches de la réalité. Cela dit, ces sondages nous permettent de découvrir des dimensions de cette réalité que nous aurions pu ne pas voir ni même imaginer. Comment répondent-ils donc à nos interrogations ?

1.    Y a-t-il des musulmans en France ?

La question peut surprendre ! En effet, en l’absence de tout recensement et de toute donnée objective, nous pensons qu’il existe en France des « musulmans ». Mais sur quels critères décidons-nous que telle ou telle personne est musulmane ? Notre première réponse se base souvent sur un postulat : les gens qui viennent de pays dits « musulmans » sont musulmans. Leurs enfants et petits-enfants sont classés, dans notre tête, comme musulmans.

Cette façon de compter nous vient d’une époque où les religions se partageaient le monde en aires géographiques données et où l’habitant de la France « appartenait » à une paroisse de sa naissance à sa mort. On trouve encore fréquemment de ces cartes du monde où les continents se colorent différemment en fonction de la religion. Cette vision – très traditionnelle – ravale les religions au niveau d’un simple héritage comme la langue ou la culture, et ne tient aucun compte de l’appel à la foi personnelle qui donné naissance au christianisme comme à l’islam.

En se basant sur cette vision « ethnique » de la religion, on a souvent tenté une première approximation du nombre de musulmans en se basant sur l’origine géographique des individus. Cette méthode aboutit aux chiffres suivants :

« En se fondant sur les pays d’origine et en ignorant le degré de pratique ou la revendication par ces populations de leur identité religieuse, A. Boyer  avance le chiffre de 4 155 000 musulmans en France :

Musulmans d’origine maghrébine : 2 900 000     

         Dont d’origine algérienne : 1 550 000

         Dont d’origine marocaine : 1 000 000

         Dont d’origine tunisienne : 350 000

Arabes du Moyen-Orient : 100 000       

Turcs : 315 000

Afrique Noire : 250 000

Convertis : 40 000

Demandeurs d’asile et clandestins : 350 000       

Asiatiques : 100 000

Autres         : 100 000

   Total : 4 155 000 » [1]

Évaluation médiane, tandis que d’autres ouvrages, proposent un total de 3,7 millions et d’autres encore de 6 millions. En l’absence de données exactes, chacun peut manipuler les chiffres à sa guise.

A l’inverse, une enquête[2] de deux chercheurs de Sciences-Po a pris grand soin de ne pas ethniciser le fait religieux et de ne pas « adopter une démarche essentialiste qui considère que toute personne issue d’une famille ou d’un pays musulman ne peut être que musulmane, une caractéristique par conséquent indépendante de la volonté et des convictions des individus »[3]. Ils ont donc étudié un échantillon d’un millier de français issus de l’immigration turque ou africaine et leur ont posé la question de leur appartenance confessionnelle :

« Dans notre échantillon représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans originaire d’Afrique ou de Turquie, un peu moins de 60 % des personnes interrogées se déclarent de confession musulmane. Dans deux échantillons représentatifs de la population française âgée de plus de 18 ans, environ 65 % des personnes interrogées se disent de confession catholique. Il y a confirmation d’une différence confessionnelle mais également d’une similarité dans les proportions. Comme il est abusif d’assimiler les Français et le catholicisme, il est caricatural de considérer comme synonyme d’une part les immigrés d’Afrique et de Turquie et d’autre part les musulmans. Il faut noter que près de 20 % des personnes interrogées originaires d’Afrique et de Turquie se déclarent sans religion contre 28% dans l’ensemble de la population. »

Voici comment leurs interlocuteurs répondent à la question : Pouvez-vous me dire quelle est votre religion si vous en avez une ?

 

Nombre

%

Catholique

126

12,6

Protestante

17

1,7

Juive

32

3,2

Musulmane

600

59,8

Bouddhiste

3

0,3

Autre religion

20

2,0

Sans religion

200

19,9

Ne veut pas dire

5

0,5

Total

1003

100,0

Suivant l’origine, l’appartenance confessionnelle revendiquée varie ainsi :

·         60% des personnes d’origine turque se déclarent musulmans,

·         61% pour les originaires d’Algérie,

·         57% pour les originaires de Tunisie,

·         77% des Français d’origine marocaine,

·         28 % pour les originaires des autres pays d’Afrique. Les catholiques et les protestants sont les plus nombreux chez les personnes originaires d’Afrique (respectivement 37% et 9%).

"Confirmant de ce point de vue, les résultats de l’enquête « Mobilité géographique et insertion sociale » de 1992, les sans-religion culminent chez les Français issus de l’immigration algérienne (25%)".  Les auteurs de cette enquête concluent : « Ne sont musulmans que les individus qui se déclarent être de religion musulmane ». Cette approche strictement religieuse écarte certaines expressions floues comme celle de « musulman sociologique » ou d’individu « de culture musulmane ». Ces expressions, cependant, laissent entendre que l’appartenance religieuse revendiquée ouvertement peut cacher une multitude d’attitudes concernant la pratique religieuse.

2.    Quelle pratique religieuse ?

Les sondeurs ont donc, à maintes reprises, tenté de cerner le degré de fidélité des musulmans à la pratique de obligations religieuses liées à l’islam. Les chiffres ci-dessous sont tirés d’un sondage qui interroge des gens choisis en fonction de leurs origines supposées musulmanes[4]. Ici encore, apparaît une différence entre l’appartenance supposée et l’appartenance réelle – avouée – des intéressés. La question de savoir si l’on est « croyant » ou « croyant-pratiquant » provient en droite ligne des enquêtes réalisées auprès des catholiques où cette distinction est devenue classique. L’étonnant est que des musulmans ont répondu aussi clairement à cette question : il semble qu’au fil des ans, la population musulmane de France en vient, par osmose, à penser son rapport à la religion à la façon des « autres » français.

Le tableau ci-dessous, partage ainsi les gens interrogés en cinq catégories assez floues mais assez constantes sur une période de près de vingt ans. Il en ressort qu’un tiers seulement des sondés se définit comme croyant-pratiquant et que près de 40% se disent simplement croyants exprimant ainsi une prise de distance avec le culte officiel. On note l’apparition d’une autre façon de se dissocier de l’islam : celle de ceux qui se disent « d’origine musulmane » mais qui refusent l’étiquette de « musulmans », soit un quart de l’ensemble.

Pratique en général

 

1989

1994

2001

2007

Croyants+ pratiquants

37

27

36

33

Croyants

38

42

42

38

D'origine musulmane

20

24

16

25

Autre religion

1

2

1

1

Sans religion

4

5

5

3

Ces chiffres sont à comparer avec ceux de l'ensemble des français, à la même période[5] où 56 % des français se déclaraient chrétiens et 4 % musulmans). Voici comment l'ensemble répondait à la question "vous considérez-vous comme…"

Croyant convaincu

24 %

Croyant par tradition

24 %

Croyant incertain

17 %

Sceptique

14 %

Incroyant

19 %

Ne se prononcent pas

2 %

Même si le premier tableau parle de pratique et le second de conviction, on ne peut qu'être frappé de la correspondance entre leurs données : les "croyants par tradition" ou "incertains" correspondent de façon frappante aux "seulement croyants" (environ 40 %), les "sceptiques" et "incroyants" formant un bloc de 33 % proche des 29 % qui se déclarent "d'origine.." ou "sans religion". Il semble bien que l'ensemble des français, quelle que soit leur affiliation religieuse - chrétienne, musulmane ou autre –, tendent à se situer de façon semblable par rapport à la dimension religieuse de l'existence. Évoluant dans un cadre légal où la foi et la pratique religieuse sont du strict ressort des choix personnels, les individus ne se laissent plus cataloguer suivant des appartenances confessionnelles héritées. La liberté religieuse se traduit par un émiettement des attitudes et des options.

Une série de questions portant sur certaines pratiques spécifiques de l’islam permettent d’affiner notre regard. Il s’agit toujours des sondages IFOP mentionnés ci-dessus :

Pratiques particulières

 

Oui

Non

 

1989

1994

2001

2007

1989

1994

2001

2007

Tout le Ramadan

60

60

70

70

40

40

30

30

Quelques jours en Ramadan

8

10

7

9

13

30

22

20

Mosquée le Vendredi

16

16

20

23

83

84

79

77

Prière quotidienne

41

31

33

39

59

69

66

61

Boit de l'alcool

35

39

35

34

65

61

64

66

 

On peut remarquer que la quasi totalité de ceux qui se déclarent croyants (71 %) s’appliquent à jeûner pendant le mois de Ramadan : si difficile qu’en soit l’observance, le Ramadan reste la pratique qui marque la fidélité du musulman à sa religion. Un certain nombre de personnes qui ne l’observent pas dans sa totalité tiennent, cependant, à « marquer le coup » en jeûnant quelques jours pendant le mois.

Par contre, on note que très peu de musulmans se rattachent à une mosquée ou à un lieu de culte officiel. Il y a quelques années, cela pouvait s’expliquer par le petit nombre de ces lieux de prière. Depuis, ils se sont multipliés mais plus des trois quarts continuent de les bouder. Il faut peut-être en chercher l’explication dans le fait que ces mosquées sont gérées par des musulmans fidèles à un islam plutôt traditionnel dans lequel le plus grand nombre ne se reconnaît pas. Certains continuent tout de même à prier quotidiennement chez eux, mais près des deux tiers avouent ne plus être fidèles à la prière quotidienne.

Un sondage plus récent[6] posait la question : « quand allez-vous à la mosquée ? », et obtenait les réponses suivantes :

- Au moins une fois par semaine

17

- Au moins une fois par mois

8

- Plusieurs fois par an

9

- Plus rarement

16

- Jamais

49

- Ne se prononcent pas

1

TOTAL

100

La même enquête demandait : « Lisez-vous le Coran ? », et recevait en réponse :

 

- Au moins une fois par semaine

20

- Au moins une fois par mois

12

- Plusieurs fois par an

11

- Plus rarement

26

- Jamais

30

- Ne se prononcent pas

1

TOTAL

100

Ainsi donc, même si les musulmans de France semblent un peu plus attachés à la pratique religieuse que leurs concitoyens chrétiens[7], leurs réponses dénotent un émiettement des attitudes, un effritement des croyances et un éloignement de la religion institutionnelle pour les deux tiers d’entre eux. On est loin – très loin – du conditionnement psychologique imaginé par l’opinion publique et encore plus loin de l’influence envahissante que l’on prête souvent aux « imams » dont, en fait, se tient éloignée la grande masse de leurs coreligionnaires.

3.    Des citoyens comme les autres ?

Comment ne pas se rappeler tant d’articles de journaux qui accusent les musulmans de France de se définir comme « musulmans » plutôt que comme « français » - comme membres d’une communauté religieuse plutôt que comme citoyens d’une nation moderne et laïque ? En dépit du fait que beaucoup de familles musulmanes se savent descendantes d’un aïeul qui a combattu pour la France lors d’une des deux guerres mondiales, l’opinion publique est sensible à des attitudes et des comportements de jeunes qui semblent se complaire dans la provocation – la Marseillaise sifflée au cours d’un match de foot est dans toutes les mémoires. S’agit-il d’un signe que la population musulmane reste imperméable aux valeurs de la nation française ? ou doit-on y voir simplement une manifestation du ressentiment de jeunes n’arrivant pas à trouver leur place dans la société ?

L’étude Brouard-Tiberj[8] demande d’abord aux personnes interrogées de se situer par rapport à la laïcité à travers la déclaration : « Les musulmans en France n'ont pas de problème pour pratiquer leur religion ». Les musulmans déclarés sont tout à fait ou plutôt d’accord à 57% (et 22% d’entre eux ne sont pas d’accord). Mais, en même temps, ils jugent la laïcité comme une valeur positive à 81%, et même : 83% la jugent nécessaire pour permettre aux gens de convictions différentes de vivre harmonieusement ensemble. Par ailleurs, seulement 1/3 des musulmans déclarés se considèrent tout à fait ou plutôt d’accord avec la phrase « un musulman doit suivre les principes coraniques même s’ils s’opposent à la loi française ».

S’ils sont 70% à souhaiter la création d’écoles coraniques sous contrat, ils sont aussi 67%  à vouloir tout aussi massivement que leurs enfants aillent dans une école publique sans éducation religieuse. Seuls 16% souscrivent à l’idée que « plus on est intégré à la population française, moins on est musulman ».

Cette étude confirme le retard de l’ensemble à s’inscrire sur les listes électorales. Mais cela n’empêche pas les gens de s’intéresser à la politique et de se situer par rapport aux grandes options politiques : 64% se disent plutôt de gauche, 10% plutôt de droite, et 24% ni de gauche ni de droite ! Au terme de leur enquête, les auteurs concluent :

« Les Français d’origine africaine et turque ne semblent pas cantonner leur nationalité à une question strictement juridique. Leur proximité à leurs compatriotes ne déroge pas de celles des Français en général. Et si les Français d’origine africaine et turque présentent des spécificités, religieuses par exemple, ceux-ci sont loin d’apparaître comme en marge ou en rupture avec la société française et ses principales valeurs. De ce point de vue, ces Français ne sont pas dans leur grande majorité dans une logique communautaire alliant identification minoritaire, rejet national et revendications particularisées. Sur bien des plans, à défaut de tous, l’intégration à la politique française semble au minimum comparable à celles des Français en général. En résumé, ce sont bien des Français et ce ne sont pas des Français contre les autres !

A un second niveau, les particularités sociales et religieuses des Français d’origine africaine et turque sont incontestables. Cependant, elles sont loin d’être systématiques. Ces caractéristiques différenciées marquent le niveau de dissemblance entre nos deux populations. Les Français issus de l’immigration africaine et turque sont politiquement plus à gauche que le reste de la population. L’importance accordée à la religion est substantiellement plus élevée. La religion prédominante est l’Islam, dont les normes demeurent très prégnantes chez les musulmans déclarés. Les attitudes à dimension antisémite sont aussi significativement plus fréquentes parmi les Français issus de l’immigration africaine et turque. Cependant, ces dissemblances ne sont pas uniformes quant à leur « sens ». Autrement dit, elles ne permettent pas systématiquement de faire des Français en général une norme à laquelle les Français d’origine africaine et turque devraient se conformer. Ainsi, si l’inscription sur les listes électorales est en retard, les placements sur l’échelle gauche–droite sont plus fréquents. De même, leur attachement au système démocratique semble plus prononcé ainsi que leur « sentiment de pouvoir, à leur niveau, faire bouger les choses dans le pays ». Autre exemple, l’intolérance sexuelle est à un niveau plus élevée mais l’autoritarisme est moins prononcé, malgré un sentiment d’insécurité[9] plus fort. »[10]

4.    QuelLe est leur relation aux « autres » ?

L’intégration entraîne une certaine capacité à vivre ensemble, et en particulier l’ouverture à la convivialité dans la nourriture et le mariage. D’où la question posée par les enquêteurs de Sciences Po aux musulmans déclarés :  « Vous êtes invité à manger chez un non musulman : quelle est votre attitude ? »

Réponse : 

 

Nombre

%

J'accepte sans aucun problème

103

17,2

J'accepte et j'éviterai de manger du porc et de boire de l'alcool

353

58,8

J'accepte si les aliments sont halal

129

21,5

Je refuse

13

2,2

Sans réponse

2

0,3

Total

600

100,0

Ainsi donc 76% acceptent de partager la nourriture des non-musulmans en réponse à une invitation de leurs voisins non-musulmans.

Une enquête plus récente[11] pose plusieurs autres questions en demandant comment on se situe : « Vous personnellement, trouvez-vous tout à fait acceptable, plutôt acceptable, plutôt pas acceptable ou pas acceptable du tout... ? »

 

%

Acceptable

Tout à fait acceptable

Plutôt acceptable

Pas acceptable

Plutôt pas acceptable

Pas acceptable du tout

NSPP

-  Qu'une fille musulmane épouse un non musulman

100

69

41

28

26

10

16

5

- Qu'un musulman se convertisse au christianisme

100

46

23

23

45

13

32

9

Ces réponses expriment peut-être une opinion de principe susceptible de s’altérer quand on est soi-même directement concerné. Il n’en demeure pas moins que plus des deux tiers disent accepter l’éventualité du mariage d’une musulmane avec un non-musulman et que la conversion d’un musulman au christianisme laisse les musulmans divisés à égalité entre tolérance et refus. Une évolution très remarquable est en train de se produire dont on n’a pas fini de voir les conséquences.

5. Originalité des musulmans de France

  « Critiqué par la presse américaine au moment des émeutes de l'automne 2005 dans les banlieues, le modèle français d'intégration est réhabilité par une enquête publiée par le Pew Research Center, l'un des instituts d'opinion les plus réputés des États-Unis. Selon cette enquête, réalisée au printemps auprès de musulmans de quatre pays européens et dont les résultats complets ont été publiés le 17 août, les musulmans de France n'ont pas de leçons d'intégration à recevoir de leurs voisins européens. » C’est en ces termes que Corine Lesnes, correspondante du Monde, présentait dans ce journal, le 29 août 2006, les résultats d’une enquête intitulée « Le Grand Clivage: Échange de jugements entre occidentaux et musulmans » [12]. Cette enquête faisait suite à une autre recherche sur les musulmans d’Europe dont les soucis économiques semblait prendre le pas sur les questions d’identité religieuse ou culturelle[13].

Et pourtant, le rapport commençait par reconnaître que les relations entre le monde musulman et l’Occident en général était plutôt mauvaises : attentats, caricatures, guerres un peu partout, à commencer par le Proche ou le Moyen Orient, tout se conjuguait pour dresser un constat de crise. Il suffisait de demander aux gens ce qu’ils en pensaient pour donner le tableau ci-contre. Curieusement, les musulmans français et espagnols s’y distinguent en donnant de la situation un jugement moins négatif que le reste du monde.

Cette exception se retrouve dans le tableau suivant où l’on demande aux musulmans les défauts qu’ils associent aux Occidentaux et aux Occidentaux les défauts qu’ils attribuent aux musulmans. On y remarque, à nouveau, que les musulmans français ou espagnols sont moins enclins que leurs coreligionnaires d’autres pays à nourrir une idée négative de « l’autre » :

Le tableau montre, cependant, la permanence des visions négatives de l’autre que nous tenons d’un passé de controverses et d’inimitié séculaires. Par contre, une vision plus positive émerge de la question inverse : quelles qualités associez-vous avec… ?  Les musulmans français jugent les Occidentaux respectueux des femmes (77%), généreux (70%), tolérants (65%) et honnêtes (51%) mais seulement 26% les trouvent dévots. Après les musulmans espagnols, ils sont les plus favorables dans leur jugement.

Quel jugement les français portent-ils sur les musulmans ?  A 69%, ils les trouvent dévots, honnêtes (64%),  généreux (63%). Ils sont les premiers – à 45% ! – à les trouver tolérants et seulement 23% à les juger respectueux des femmes.

 

Les Musulmans respectent-ils les Femmes ?

 

Oui*

Non

Non-Musulmans en :

%

%

Grande-Bretagne

26

59

France

23

77

États-Unis

19

69

Allemagne

17

80

Espagne

12

83

* Pourcentage de ceux qui associent cette caractéristique aux musulmans vivant en Occident

Les non-musulmans en Europe ou les musulmans vivant hors d’Europe répondent à la question en jugeant le système légal qu’ils ne connaissent qu’à distance plutôt que les personnes de leur voisinage, tandis que les musulmans d’Europe portent un jugement plus nuancé sur les personnes.


Les Occidentaux respectent-ils les Femmes ?

 

Oui

Non

Musulmans en :

%

%

Espagne

82

13

France

77

23

Allemagne

73

22

Grande-Bretagne

49

44

 

 

 

Turquie

42

39

Égypte

40

52

Indonésie

38

50

Jordanie

38

53

Pakistan

22

52

Et l’islamisme ? et le terrorisme ?

Nul doute que c’est une préoccupation majeure pour beaucoup de personnes qui se demandent si les musulmans de leur pays partagent les idéaux et les objectifs des poseurs de bombes. Le sondage américain ne manque pas de s’en inquiéter.

Une première question peut surprendre :  « l’attentat du 11 septembre 2001 a-t-il été commis par des arabes ? » En effet, pour beaucoup de musulmans, cet attentat à l’effet dévastateur est si monstrueux et si condamnable que la première réaction est de juger impossible que des croyants vraiment fidèles à la loi divine aient pu le perpétrer. Quel que soit le pays du monde où l’on pose la question, la majorité reste dans le déni des faits.

Seuls, ici encore, les musulmans français se distinguent en acceptant à 48% contre 46% que des arabes aient pu être les auteurs de ce crime. Partout ailleurs la conscience des musulmans interrogés se révolte. Dans ce refus se manifeste l’affirmation que le véritable islam ne peut accepter ce genre de conduite. Cependant, certains pays plus marqués par une expérience de guerre (Égypte, Jordanie, Nigeria) voient une minorité plus importante accepter la possibilité que des croyants puissent en venir à ce genre d’attentat.

D’où la question suivante posée aux seuls musulmans sur les attentats suicide :

 

Souvent
Parfois

Rarement

Jamais

 

%

%

%

Musulmans

 

 

 

            Français

16

19

64

            Espagnols

16

9

69

            Britanniques

15

9

70

            Allemands

7

6

83

 

 

 

 

Jordanie

29

28

43

                Printemps 2005

57

31

11

                Eté 2002

43

22

26

Égypte

28

25

45

Turquie

17

9

61

                Printemps 2005

14

6

66

                Mars 2004

15

9

67

                Eté 2002

13

7

64

Pakistan

14

8

69

                Printemps 2005

25

19

46

                Mars 2004

41

8

35

                Eté 2002

33

5

38

Indonésie

10

18

71

                Printemps 2005

15

18

66

                Eté 2002

27

16

54

Nigérians Musulmans

46

23

28

 

Pour défendre l’islam est-il justifié d’attaquer des cibles civiles ?

Le tableau ci-contre nous montre, ici encore,  la variété des opinions publiques et les fluctuations que connaissent certains pays directement affrontés à une situation de guerre.

Notons l’importance du nombre de gens qui pensent qu’il ne faut jamais commettre de genre d’attentat. C’est le cas, en particulier des musulmans vivant en Europe. Mais, même là, on remarque une importance minorité de personnes qui jugent – parfois ou rarement – acceptable, selon les circonstances, d’avoir recours au terrorisme pour défendre une juste cause.

Le soin pris par les enquêteurs de voir l’évolution de ces chiffres pour certains pays nous rappelle que ce tableau n’est pas définitif et que, passées les crises, les chiffres de la dernière colonne ont tendance à augmenter.  Plus que jamais, ces chiffres nous montrent des mentalités en transition… Faut-il dire que le verre est à moitié vide ? ou à moitié plein ?…


Les musulmans peuvent-ils accepter la démocratie ? la modernité ?

  Comme un serpent de mer, la question revient toujours, parfois avec sa variante : « l’islam est-il soluble dans la démocratie ? », comme si l’islam était une réalité uniforme, inchangeable, une essence immuable qui suffirait à expliquer le comportement des musulmans. En réalité, comme toute autre religion, l’islam évolue en fonction de la lecture qu’en font les musulmans et les musulmanes pour répondre aux questions qu’ils se posent dans la diversité des situations où ils se trouvent[14].

La France semble donner une réponse massivement positive à cette question : les français à 74%, et les musulmans de France, en particulier, à 72 %, ne voient aucune incompatibilité entre le fait d’être musulman et la vie moderne, alors que la moitié des musulmans britanniques perçoivent "un conflit naturel entre le fait de pratiquer l'islam et le fait de vivre dans une société moderne", et que les britanniques ne sont que 35% à penser le contraire.

 A une question portant sur « l’avenir de la démocratie dans les pays musulmans », beaucoup d’Occidentaux hésitent. Ceux qui pensent que la démocratie peut fonctionner dans les pays musulmans sont 49% aux USA, 60% en Grande-Bretagne, 59% en France, mais seulement 42% en Allemagne et 37% en Espagne. Par contre, les musulmans allemands y croient à 80%, les français à 76%, les britanniques à 59% et les musulmans espagnols à 57%. Ces chiffres rejoignent d’ailleurs ceux des pays musulmans : même si les systèmes politiques sont souvent déficients sur ce plan, la démocratie reste pour la majorité des musulmans du monde un espoir et une attente.

Et les caricatures ?

Qui faut-il blâmer pour cette crise : l’irrespect occidental, l’intolérance musulmane ?

 

Irrespect
Occidental

Intolérance
 musulmane

Les 2

Aucun
des 2

États Unis

20

60

9

3

Grande Bretagne(GP)

19

59

13

3

France (GP)

28

67

3

1

Allemagne (GP)

26

62

4

2

Espagne (GP)

21

53

22

2

                Espagne (Musulmans)

80

5

11

1

                France (Musulmans)

79

19

2

1

                Allemagne (Musulmans)

71

15

7

4

                Grande-Bretagne (Musulmans)

73

9

8

5

Russie

30

34

19

4

Égypte

87

3

4

4

Turquie

84

8

5

1

Indonésie

86

5

6

1

Inde

53

33

7

3

Jordanie

90

4

2

2

Nigeria (GP)

55

32

11

1

                Nigeria (Chrétiens)

22

63

11

2

                Nigeria (Musulmans)

81

6

12

*

A cette question le tableau ci-dessus apporte les réponses. Si l’opinion publique des pays occidentaux blâme les musulmans, les musulmans, qu’ils soient en Europe ou ailleurs, blâment les occidentaux. Les réponses suivent ici des lignes  confessionnelles strictes. Autrement dit, ce genre d’affaires n’aide personne à dépasser son point de vue partisan. Il faudra trouver autre chose pour aider les gens à s’ouvrir au point de vue de l’autre. Mais était-ce vraiment le but de ceux qui ont déclenché cette crise ?

Assimilation ou distanciation ?

Une des plaintes entendues le plus fréquemment est celle-ci : « ils (les immigrés) veulent changer notre mode de vie… Nous ne sommes plus chez nous ! » En effet, les musulmans sont, souvent encore, perçus – en dépit de ce que les pages ci-dessus nous ont montré – comme des étrangers… qui veulent rester étrangers ou, à tout le moins… étranges. Le même institut américain pose alors la question suivante[15] : « Pensez-vous de la plupart des musulmans venant dans votre pays veulent en adopter les coutumes et le mode de vie ou pensez-vous qu’ils veulent rester distincts du reste de la société ? »   Voici le tableau des réponses obtenues de divers pays, dans le grand public (GP) d’abord, puis auprès des musulmans de ce pays :

 

Adopter
les coutumes

Rester distincts

Les 2 à
la fois

États-Unis

33

44

6

Grande-Bretagne (GP)

22

64

6

(Musulmans)

41

35

12

France(GP)

46

53

-

(Musulmans)

78

21

1

Allemagne (GP)

17

76

4

(Musulmans)

30

52

9

Espagne (GP)

21

67

7

(Musulmans)

53

27

16

Russie

10

69

13

Inde

43

48

5

 

Ce tableau confirme que les opinions publiques restent soupçonneuses quant aux buts poursuivis par les musulmans de leur pays. En Grande-Bretagne et en Allemagne, ceux-ci confessent leur désir de « rester distincts ». Par contre, les musulmans de France expriment une "préférence pour l'assimilation" : 78 % d'entre eux estiment que leur communauté souhaite adopter les traditions nationales (41 % en Angleterre et 30 % en A1lemagne).

Selon le sondage, les Français, dans leur ensemble, n'ont cependant pas la même perception : 53 % d'entre eux estiment que les musulmans n'ont pas de véritable volonté d'assimilation. Faut-il y voir un effet de la politique suivie par la France pour intégrer ses immigrés, souvent décrite comme très différente de celle de la Grande Bretagne qui laisse ceux-ci s’organiser  comme des minorités ethniques, ou de celle de l’Allemagne longtemps basée sur le droit du sang ? Probablement. Quoi qu’il en soit, les musulmans de France semblent, dans leur écrasante majorité, revendiquer un « droit à la ressemblance et à l’assimilation plutôt qu’un droit à la différence.

Cette dernière donnée des sondages demande, en retour, à être reconnue et prise en compte par le reste de la société française : les vrais problèmes sont assez nombreux pour qu’on n’en crée pas de nouveaux de façon totalement gratuite.

Conclusion

Peut-on vraiment conclure ? Au moment de clore ces pages, un nouveau sondage paraît[16] que les journaux annoncent sous un titre fracassant : « Musulmans et Occidentaux désespèrent les uns des autres ». Le journal La Croix, du 27/03/2008, sous la plume de Nina Hubinet indique que, d’après cette enquête,  « la citoyenneté et la représentativité des populations d’origine immigrée s’améliorent dans les pays occidentaux. "Les médias ont une grande res­ponsabilité dans l’image que les Occidentaux se font des musulmans,  ajoute le responsable de la recherche.  Dans les médias, l’islam a peu à peu été assimilé au terrorisme. Même si l’on sait tous que c’est faux, cela joue fortement sur l’inconscient collectif." Pour combattre ce ressentiment réciproque, en partie fondé sur la méconnaissance, "l’éducation est essentielle" , souligne-t-il. Les institutions religieuses ont aussi un rôle très important à jouer, selon lui : à elles notamment d’expliquer des positions souvent mal comprises de part et d’autre.

Et pourtant, nous ne manquons pas de moyens pour avoir sur la situation de l’islam de France et l’état d’esprit des français musulmans une connaissance un peu plus objective que les impressions et les préjugés.

Il est vrai, comme le dit ce dernier sondage, que les médias et en particulier les hebdomadaires multiplient les dossiers qui se contentent de citer quelques individus soigneusement choisis pour donner le « son de cloche » négatif souhaité. Mais, même s’il est impossible de faire coïncider les chiffres et les pourcentages de tous ces sondages en raison de la variété des échantillons sélectionnés et des questions posées, une image d’ensemble se dégage des chiffres :

1.       En premier lieu, les populations musulmanes d’Europe, et de France en particulier, sont en évolution constante et rapide. Les « générations » se succèdent en moins de cinq ans. Les « jeunes » d’aujourd’hui font montre d’une mentalité que n’est plus celle de leurs aînés qui ont commencé à s’installer dans la vie adulte.

2.       Ensuite, les musulmans de nos pays – qu’ils soient nouveaux-venus ou natifs de France – sont partie prenante des choix, des aspirations, des idéaux et des déceptions de l’ensemble de la population : chacun est bombardé d’informations et d’impressions par une société où l’école, les médias, la télé ou l’Internet influent de plus en plus sur les mentalités. Un petit bulletin de banlieue notait que les jeunes de leurs quartiers passaient – en moyenne – trois heures par jour sur Internet.

3.       Du coup, et de plus en plus, les « musulmans » de France s’expriment, en permanence, non pas comme des « musulmans », mais comme des citoyens qui veulent être connus et estimés pour eux-mêmes, plutôt que pour leur appartenance à un groupe qui répondrait d’eux sans eux. Même les jeunes filles voilées invoquent leur liberté de se vêtir comme elles l’entendent ainsi que toute citoyenne de la République. Sous les dehors les plus confessionnels peut se lire, en filigrane, une approche individuelle et laïque qui, depuis une quinzaine d’années, s’affirme de façon radicalement neuve.

4.       Au fil des sondages que nous avons cités, les musulmans de France apparaissent de plus en plus nettement comme plus intégrés au reste de la population que ne semblent l’être les autres musulmans d’Europe. Qu’ils soient musulmans ou non, les français semblent avoir plus de valeurs communes que l’on ne le dit habituellement.

5.       Naturellement, ces évolutions rapides suscitent, en chacun et en chacune, un besoin accru d’être soi-même, de ne pas « se perdre », de « préserver son identité ». Ce sentiment, justement, vient de l’expérience du changement. En revanche, comme la vie est complexe, il peut susciter aussi – et en même temps – des raidissements individuels ou collectifs.

6.       Groupes et personnes sont obligés de négocier, sans cesse, le bricolage de la « permanence » et du « changement » dont on a besoin pour vivre en harmonie avec les siens, la société, la famille et sa conscience telle qu’elle se manifeste quotidiennement. L’islam de France est fait non pas de fidélité rigide à des règles immuables mais d’une tentative d’harmonisation de toutes ces dimensions qui structurent la vie d’un homme – d’une femme – appelé à vivre une situation inédite, celle de l’islam de France au 21ème siècle.

7.       Finalement, même les sondages sont impuissants à rendre la réalité… mais ils peuvent nous aider à la pressentir. Sitôt publiés, ils sont déjà naturellement « dépassés » par l’évolution des personnes et des groupes. Comment l’oublier ?

Sachant que tous, quelle que soit leur famille spirituelle – chrétiens, musulmans, juifs ou athées – sont emportés dans ce même univers en mouvement, la vraie façon de nous entraider n’est sûrement pas de nous paralyser les uns les autres au moyen de jugements simplistes et de préjugés ravageurs. « L’autre » ne se réduit jamais à l’image que je me fais de lui.

                                                                     J.M. Gaudeul

Un dernier mot

En même temps que ce numéro, sort un livre basé sur de nouveaux sondages qui confirment et amplifient les conclusions ci-dessus. Il s’agit du livre suivant :

John L. Esposito & Dalia Mogahed, Who Speaks for Islam? What a Billion Muslims Really Think, Gallup Press, 2008.

On lira avec intérêt la présentation qu’en fait Le Monde Diplomatique à :
 http://blog.mondediplo.net/2008-04-01-Que-veulent-les-musulmans



[1]      Cité par le Haut Conseil à l’intégration, L’islam dans la République, Novembre 2000, p. 26

[2]      Rapport au politique des français issus de l’immigration - rapport final, étude de Sylvain Brouard & Vincent Tiberj (CEVIPOF – Centre de Recherche politiques de Sciences Po), 2005

[3]      Kamel KATEB, “De l’étranger à l’immigré et de l’ethnique au religieux : les chiffres en question ?" , Cités, hors-série 2004, p. 36-37.

[4]      Sondages IFOP réalisés pour Le Monde (30/11/89 ; 13/10/94 Supplément, XII pp., et 03/10/01) ainsi que le Sondage IFOP réalisé pour La Croix en Janvier 2008.

[5]      Sondage CSA de janvier 1994, pour Le Monde, la Vie, l'Actualité religieuse dans le monde et le Forum des communautés chrétiennes, paru dans le Monde, 12/05/94, p. 13.

[6]      Sondage exclusif CSA / LA VIE réalisé par téléphone du 17 avril au 23 août 2006. Rapport final N° 0600722, Août 2006 (Tous les sondages publiés par CSA sont disponibles sur le site : http://www.csa-fr.com)

[7]      L’enquête IFOP, sur l’évolution de l’islam de France, réalisée pour La Croix en janvier 2008, compare l’assiduité hebdomadaire des catholiques (12% et 88% d’absentéisme) et celle des musulmans en France (23% et 77% d’absentéisme).

[8]      Rapport Au Politique Des Français Issus De L’immigration - rapport final, , étude de Sylvain Brouard & Vincent Tiberj (CEVIPOF – Centre de Recherche politiques de Sciences Po), 2005

[9]      42% des Français issus de l’immigration africaine et turque sont tout à fait ou plutôt d’accord avec l’item « on ne se sent en sécurité nulle part » contre 35% dans l’échantillon témoin.

[10]    Ibid. Conclusion. On se reportera utilement à la version « livre » de cette enquête : S. Brouard & V. Tiberj, Français comme les autres, Sciences Po, 2005, 157 pp., 10 €.

[11]    Sondage exclusif CSA / LA VIE réalisé par téléphone du 17 avril au 23 août 2006. Rapport final N° 0600722, Août 2006 (Tous les sondages publiés par CSA sont disponibles sur le site : http://www.csa-fr.com)

[12]    The Great Divide: How Westerners and Muslims View Each Other – Europe's Muslims More Moderate (22 juin 2006). On peut consulter ou télécharger le texte de cette enquête à partir du site de Pew Global Attitudes Project (http://pewglobal.org/reports/display.php?PageID=831).

[13]    Muslims in Europe: Economic Worries Top Concerns About Religious and Cultural Identity (7 juin 2006) que l’on peut trouver sur le même site : http://pewglobal.org/reports/display.php?ReportID=254.

[14]    C’est le thème de plusieurs ouvrages de Dounia Bouzar, notamment : Monsieur islam n’existe pas. Pour une désislamisation des débats, Hachette Littératures, 2004, ou L’intégrisme, l’islam et nous, Plon, Paris, 2007.

[15]    Pew Global Attitudes Project, Muslims in Europe: Economic Worries Top Concerns About Religious and Cultural Identity, Few Signs of Backlash From Western Europeans, 06 juillet 2006. A consulter sur le site de l’institut: http://pewglobal.org/reports/display.php?ReportID=254.

[16]    World Economic Forum, Islam and the West : Annual report on the state of Dialogue, Janvier 2008,  156 pp. que l’on peut trouver sur Internet à  http://www.weforum.org/pdf/C100/Islam_West.pdf.

 

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